En tant que défenseur du rail le besoin d’une nouvelle voie ferrée m’aurait fait accepter les dégâts engendrés par un tel projet. Donc quand je vois la destruction d’arbres à Saint Jory j’aurais pu la trouver acceptable pour le bénéfice du rail. Ce ne sont donc pas les effets environnementaux qui me scandalisent mais l’inutilité du projet toujours plus prouvée par les divers organismes d’experts pourtant peu portés à critiquer les projets des autorités.
Le drame est donc simple : la ligne actuelle n’est pas saturée donc la nouvelle ligne n’est pas nécessaire.
Au moment de l’enquête publique fondatrice en 2014 pas une fois RFF (le SNCF réseau de l’époque) n’a osé devant les commissaires enquêteurs défendre le point de vue d’une ligne saturée qui est seulement rabâchée par les féodaux régionaux. RFF faisait valoir l’autre argument connu : celui de la vitesse. Bilan : les commissaires ont rendu un avis défavorable !
Mais alors pourquoi les féodaux s’acharnent depuis vingt ans ? Par collusion ancienne avec les géants du BTP gourmands en grands projets de ce genre.
Nous ont-ils une seule fois présenté un tableau concernant le taux de fréquentation de la voie existante ? A ceux qui disent « il faut libérer des sillons » la seule question qui baille est la suivante : combien de trains circulent sur la ligne existante ?
Mais alors revient l’argument de la vitesse ? Un train qui roule très vite est ralenti par le train TER ou l’intercité qui roulent doucement.
Par définition un transport terrestre ne peut entrer en concurrence avec le transport aérien qui n’a besoin comme infrastructure que d’un aéroport !
Plus le prix du voyage en avion baisse et plus celui en train augmente et je suis d’accord la taxe sur le carburant pourrait augmenter. Mais la tendance resterait la même ! Normalement le train avait pour première fonction le transport de marchandises et là aussi un autre lobby s’est imposé, celui du transport routier. La grande vitesse en train est contraire au développement du fret ferroviaire car pour l’essentiel elle ne lui est pas nécessaire.
Bilan : le débat sur l’environnement est un débat utile, majeur mais qui arrive en second, c’est un débat sur les effets souvent pour faire oublier les causes !
La cause du projet est simple comme bonjour : les trois rois du BTP, Bouygues, Effage, Vinci sont prêts à faire n’importe quoi pour obtenir les contrats les plus juteux avec les instances politiques. J-P Damaggio
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