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Dominique Bussereau, menteur professionnel

La Vie du Rail, après avoir publié un article contre le CPSO donne la parole à un fou de LGV et le débat démocratique suppose en effet d'écouter les deux camps.

Le résultat est d’une pauvreté argumentaire qui fait mal au cœur pour cet ancien ministre !

Notez tout de suite que le financement est mis entre parenthèse mais prenons les mensonges un par un.

1 ) Le temps perdu ? FAUX. Tout projet se doit de franchir des étapes légales et le GPSO a avancé à un rythme classique : le fuseau, le tracé, les études, l’opinion de l’agence de l’environnement, l’enquête d’utilité publique et pour la suite, l’opinion du conseil d’Etat, la signature de l’EUP, les recours, la décision du Conseil d’Etat…

2 ) Le contexte des élections régionales a permis d’accélérer cette décision : FAUX. D’une part il n’y a pas eu de décision mais une simple déclaration et cette déclaration est liée au calendrier lui-même fixé par l’EUP : la décision le 30 mars, le temps de la réponse de la SNCF, puis les vacances et la rentrée avec l’annonce que les études se poursuivent.

3 ) une grève de pilotes… Et quand les cheminots font grève, il faut en déduire que la construction d’aéroports est indispensable ? Je crains que l’avenir de la capitale de l’aéronautique passe d’abord par le développement de l’avion…

4 ) aux débuts d'exploitation pour l'instant décevants : VRAI. Donc on pourrait en déduire que les liaisons avec l’Espagne ne sont pas encourageantes (qui côté une force plus grande que Barcelone) mais non Bussereau invente une Espagne dont il oublie la crise qui serait avec la LGV à Irun… ce qui n'est pas le cas.

5 ) "Pour atteindre le cadencement nécessaire, il faut pouvoir compter à terme sur le trafic supplémentaire induit demain par une desserte de Toulouse…"

Bordeaux-Tours va mal et on veut le soigner avec Bordeaux-Toulouse qui ne peut qu'aller plus mal encore ! C'est la fuite en avant qui permet à Bussereau d'éviter la question du déficit de la SNCF car si la SNCF veut réduire le nombre de trains sur Bordeaux-Tours ce n'est pas pour faire pleurer Juppé-Rousset mais c'est parce que la règle d'or l'oblige à des projets en équilibre….

6 ) Il est inutile de proclamer, comme le fait l'actuel gouvernement, que le financement (estimé ce jour à 8 milliards d’euros) ne peut être que public… FAUX. Le gouvernement a en effet évoqué un seul financement public faute de pouvoir en trouver d'autres, mais depuis Valls est revenu sur la question en proposant le PPP.

7 ) Si certaines collectivités ont suspendu leurs paiements, c'est parce que l'État n'a pas tenu parole… FAUX. Dès 2011 et Bussereau est bien placé pour le savoir, en Midi-Pyrénées, sauf cinq, toutes les autres collectivités ont refusé de payer tout comme Ségolène Royal ! D'autres ont fait de même plus tard en Aquitaine mais ne peuvent effacer le refus initial.

Comment en si peu de lignes dire autant de conneries ! J-P Damaggio

 

Bordeaux-Toulouse-Espagne : une ardente nécessité

Dominique Bussereau

Vie du rail 30 octobre 2015

La décision gouvernementale de réaliser une LGV au sud de Bordeaux, d'abord vers Toulouse puis vers l'Espagne est excellente. Mais que de temps perdu ! Après le rapport Duron que j'ai qualifié en son temps de decliniste, à cause du poids politique des Verts, de râleurs rabougris, (du genre « je suis contre car la ligne traverse ma circonscription »), de faux défenseurs de la viticulture, le gouvernement a mis trop de temps à se rendre à l'évidence : seul le contexte des élections régionales a permis d'accélérer cette décision ! Pourquoi faut-il impérativement réaliser au plus vite cette ligne nouvelle (je reviendrai plus loin sur son financement) ?

D'abord pour Toulouse. La quatrième ville de France ne peut rester en dehors de la grande vitesse européenne. L’aéroport de Blagnac est maintenant enclavé dans l'agglomération et a besoin de nombreux créneaux pour des vols liés à l'activité industrielle d'Airbus. Blagnac ne peut donc pas accompagner suffisamment le dynamisme économique toulousain quand une grève de pilotes (cf. en 2014) interrompt les liaisons avec Paris et le reste de l’Europe, c’est tout le système qui tousse. Faut-il ajouter que lorsqu'ont été examinées, sur un plan uniquement technique, les possibilités de construire un nouvel aéroport dans un rayon de 100 km autour de la métropole toulousaine, tous les territoires envisagés sont entrés en rébellion ? L’avenir de la capitale de notre industrie aéronautique passe donc par le ferroviaire et la LGV

Ensuite pour l'Espagne. Deux possibilités de raccordement ferroviaire existent, l'une de Barcelone vers Perpignan aujourd'hui desservie par une LGV aux débuts d'exploitation pour l'instant décevants, l'autre via le Pays basque où l'Espagne achève la réalisation des lignes nouvelles du fameux Y basque. Se relier à l'ouest de l'Espagne est pour la France une ardente obligation, confirmée par le traité diplomatique entre nos deux pays. Chacun comprend l’intérêt de relier Bordeaux, Toulouse à Bilbao et Madrid par un tracé ouest réalisé très majoritairement en LGV.

Enfin pour asseoir économiquement la LGV Tours - Bordeaux. Le débat actuel entre la SNCF et Lisea, les interrogations et colères des élus, de Châtellerault à Bordeaux, de La Rochelle à Saint-aixent, les demandes pressantes d'Alain Juppé et Alain Rousset, démontrent à quel point la SNCF est sur le reculoir pour proposer une desserte de qualité. Pour atteindre le cadencement nécessaire, il faut pouvoir compter à terme sur le trafic supplémentaire induit demain par une desserte de Toulouse et après-demain de l'Espagne. Les péages supplémentaires ainsi perçus par le concessionnaire, la venue de nouveaux opérateurs ferroviaires dont la Renfe, sera un élément essentiel d'une bonne rentabilité de la LGV Tours - Bordeaux Reste ressentie!, à savoir le financement de ces lignes nouvelles dont Virginie Calmels pointe à juste raison la difficulté.

Il est inutile de proclamer, comme le fait l'actuel gouvernement, que le financement (estimé ce jour à 8 milliards d’euros) ne peut être que public, après l’inepte et scandaleuse suppression de l'écotaxe qui handicape structurellement l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (l'Afitf), Il faut donc obligatoirement utiliser à nouveau un partenariat public-privé dont les formes définitives restent à définir.

Il faudra aussi continuer à faire appel aux collectivités locales. Rappelons d'ailleurs que de très nombreuses collectivités au sud et au sud-est de Bordeaux se sont engagées dans le financement de Tours - Bordeaux car cette LGV était le préalable indispensable à leur future desserte. L’on me rétorquera que le système a échoué sur Tours - Bordeaux. C'est faux ! Si certaines collectivités ont suspendu leurs paiements, c'est parce que l'État n'a pas tenu parole :

-En arrêtant trop longtemps le projet à Bordeaux, alors que les collectivités suscitées avaient décidé de financer un projet d'ensemble Tours - Bordeaux, Toulouse et Sud-Est, Espagne.

-En laissant la SNCF proposer des fréquences ou des dessertes insuffisantes parfois en recul par rapport à la situation actuelle.

Enfin faut-il rappeler que si les grandes régions, départements, intercommunalités ont été partenaires, Ségolène Royal, ministre en charge actuellement des Transports a donné un triste exemple en refusant tout financement de la région Poitou-Charentes,

Il faut donc réaliser vite ce projet fondamental pour les deux nouvelles régions, Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon. C'est aussi un projet majeur pour l’UE en reliant l'ouest de l'Espagne au reste du continent.

Il faut maintenant au plus vite définir les financements, fixer des délais et réaliser cet équipement fondamental. Dominique Bussereau

Tag(s) : #médias, #bussereau, #LGV, #bordeaux, #toulouse, #train, #tours

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