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En ce lundi de rentrée, Hervé Kempf quitte Le Monde pour le site Reporterre où il s’explique sur cette décision. Tout tient au traitement du dossier « Notre Dame des Landes ».

Nous sommes face à un paradoxe : alors que ce dossier est fortement médiatisé, médiatisation qui tient à un double phénomène, la lutte des citoyens et l’importance de leur adversaire qui est premier ministre, Le Monde pense pouvoir orienter cette médiatisation en faveur du grand projet :

Quand il m’arriva d’évoquer cette médiatisation devant des militants de NDDL ils m’ont fait des gros yeux car ils pensent que c’est surtout de la désinformation.

Vaut-il mieux le silence sur un sujet ou une forte désinformation ?

La désinformation suscite la réaction des citoyens car elle ne peut faire l’impasse sur l’engagement des militants. Le silence ne suscite que le silence car l’engagement citoyen est beaucoup plus soumis aux médias (donc à la désinformation qui y règne souvent) qu’on ne le pense.

D’ailleurs les militants de NDLL ont toujours expliqué que ce point de fixation étant devenu emblématique, gagner à Nantes c’est un appui pour gagner partout.

Alors prenons un exemple : le gouvernement vient de signer la déclaration d’utilité publique d’un dossier 40 fois plus cher que NDDL… dans un silence médiatique si conséquent que les militants n’en savent rien !

Ceux qui aiment beaucoup parler des « bonnes luttes » vont dire que j’oppose les combats or il n’en est rien. Je pointe seulement un constat. Si les opposants à la LGV Lyon-Turin avaient été dénoncés par les médias, car le premier ministre aurait été de Chamonix, c’est là-bas que serait né le point de fixation !

Cet article vise donc à dénoncer les médias qui fonctionnent par rapport… aux médias. Et qui, dans cette logique catastrophique, peuvent en arriver à censurer ! Mais cette censure, aussi regrettable qu’elle soit, et j’invite à lire l’article de Kempf, n’est que la partie visible d’un iceberg qui fait froid dans le dos quand on pense aux conséquences des manipulations.

Mon propos s’appuie sur l’expérience concrète de la lutte contre le « tout LGV », une question que Kempf avait abordé dans Le Monde avec beaucoup de finesse. En juillet, tout d’un coup, à cause d’un rapport, les médias sont devenus très critiques vis-à-vis du « tout LGV » produisant l’effet inverse. A présent, la plupart des citoyens pensent que cette fois, il y a eu un coup d’arrêt au « tout LGV » sans relativiser le sujet. Ainsi, cet été, le même gouvernement a passé commande à Alstom de nombreux TGV, a validé la DUP du Lyon-Turin mais la commande de nouveaux intercités à Alstom attend encore.

Les médias dominants suivent le courant dominant (et qui pourrait s’en étonner vu leurs financeurs) et les médias d’opposition sont conduits à se positionner sur ce même courant, réussissant ainsi à renforcer l’importance des thèmes qui ne sont pas les leurs. Voilà comment s’imposent des expressions comme « coût du travail », « charge sociale » etc.

Bref, le dossier LGV est censuré sur toute la ligne. C’est ainsi que quand on tape sur le moteur de recherche de Reporterre, l’expression « ligne à grande vitesse » les dix premières réponses concernent… NDDL ! Par contre avec le sigle « LGV » on aboutit à une grande variété d’articles utiles, y compris sur la LGV Bordeaux-Toulouse. Avec des signatures comme Jean Bachèlerie, les Verts, une coordination de Gironde etc.

http://www.reporterre.net/spip.php?article4586

Jean-Paul Damaggio

Tag(s) : #LGV, #dans les médias, #peu favorables aux LGVs

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